DÉCEMBRE: CAMILLE CLAUDEL
Née
à Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, le 8 décembre 1864, et morte à Montdevergues, au centre de santé de Montfavet, dans le Vaucluse, le 19 octobre 1943, Camille Claudel est une sculptrice française,
sœur du poète et écrivain Paul Claudel. Elle a entretenu une relation passionnelle et tumultueuse avec le
sculpteur Auguste Rodin, de vingt-quatre ans son aîné. Cet amour impossible, ainsi que son
internement psychiatrique en 1913,
la murant dans le silence le plus total, lui ont donné une aura égalant son
génie.
Le
succès du film au titre homonyme de Bruno Nuytten en 1988 a
permis de la sortir de l'oubli. En 2014, la municipalité de Nogent-sur-Seine ouvrira
un musée consacré entièrement à Camille Claudel. Cette ville de province sera le lieu où Camille fera ses
premiers pas d'artiste.
Camille a d'abord étudié avec Alfred Boucher. Mais lorsqu'il part pour Rome, il demande à Auguste Rodin de le remplacer pour son cours de sculpture qu'il
donne à un groupe de jeunes filles. Ainsi Camille et Rodin font connaissance,
en 1883.
Très vite, la connivence puis la complicité artistique
s'installent. Devant le génie de Camille, l'originalité de son talent et sa
farouche volonté, Rodin ne résiste pas longtemps. Tel qu'il le dit lui-même : « Mademoiselle Claudel est devenue mon
praticien le plus extraordinaire, je la consulte en toute chose ». Et
à ceux qui la critiquent, Rodin répondra : « Je lui ai montré où trouver de l'or, mais l'or qu'elle trouve
est bien à elle ». Camille influence profondément Rodin, qui modèlera « l'Éternelle idole », « le Baiser » (ils y travaillèrent à deux), ainsi que la
monumentale « Porte de l'Enfer ».
Suivront également des œuvres comme « la Danaïde » ou « Fugit Amor ». Mais, comprenant que le monde de l'art continuera à ne voir en elle
que l'élève de Rodin, Camille
Claudel décide de quitter celui-ci.
Un chef-d'œuvre tel que « La Valse » (qui compte plusieurs versions) montre l'étendue de
son talent. L'artiste a sa propre sensibilité, sa propre force créatrice et émouvante
dont la valseuse est un exemple majestueux.
Camille défie la morale sexiste du monde de l'art de
l'époque en sculptant le nu avec la même liberté que les hommes. À la fin de sa
carrière, elle reçoit enfin une commande lorsqu'elle sculpte le nu saisissant
d'une femme seule et mourante « Niobide
blessée ».
Vivant misérablement, Camille Claudel s'enferme bientôt
dans la solitude et sombre peu à peu dans la folie. Elle est âgée de presque
cinquante ans lorsque sa famille la fait interner et demande à ce que soient restreintes ses visites
et sa correspondance. Elle sera internée 30 ans, jusqu’à sa mort.
Elle est inhumée quelques jours après sa mort au
cimetière de Montfavet, accompagnée du personnel de l'hôpital, puis ses restes
seront transférés dans une fosse
commune, son
corps n'ayant pas été réclamé par ses proches qui s'étaient progressivement
détachés d'elle.
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NOVEMBRE : ALBERT CAMUS
Albert
Camus, né le 7 novembre 1913 en Algérie et
mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne,
est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française et
dans les combats moraux de l'après-guerre.
Son
œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans,
des nouvelles, des films,
des poèmes et des essais dans
lesquels il développe un humanisme fondé
sur la prise
de conscience de l'absurdité de la condition
humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens
au monde et à l'existence, et « alors
naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir ».
Sa
critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et
conduit à la brouille avec Jean-Paul Sartre. Dans le journal Combat, ses prises de position sont
audacieuses, aussi bien sur la question de l'Algérie que sur ses rapports avec
le Parti communiste français, qu'il quitte après un court passage de deux ans. Camus est d'abord témoin
de son temps, intransigeant, refusant toute compromission. Il ne se dérobe
cependant devant aucun combat : il proteste successivement contre les
inégalités qui frappent les musulmans d'Afrique du Nord, puis contre la caricature du pied-noir exploiteur. Il va au secours des Espagnols exilés antifascistes, des victimes du stalinisme, des objecteurs de conscience.
En 1957, il reçoit le Prix Nobel de littérature. Interrogé à Stockholm par un étudiant musulman
originaire d'Algérie sur le caractère juste de la lutte pour l'indépendance
menée par le F.L.N. en dépit des attentats terroristes frappant les
populations civiles, il répond clairement : « J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un
terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui
un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je
défendrai ma mère avant la justice. » Cette phrase, souvent déformée,
lui sera souvent reprochée. Il suffit pourtant de comprendre, au-delà du fait
que Camus vénérait sa mère qui vivait alors à Alger dans un quartier très
populaire particulièrement exposé aux risques d'attentats, qu'il a toujours
privilégié le respect de la vie humaine contre la notion terroriste selon
laquelle « tous les moyens sont bons » : c’est tout le sujet
développé par Camus dans Les Justes.
Parmi ses nombreuses œuvres,
citons :
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OCTOBRE : NAISSANCE ET MORT DE DEUX STARS
Édith Piaf, de son vrai nom Édith
Giovanna Gassion, née le 19 décembre 1915 à Paris et morte
le 10 octobre 1963 à Grasse,
est une chanteuse française de music-hall et
de variétés. Considérée comme l'archétype de la
chanteuse française, elle reste cinquante ans après sa mort la plus célèbre interprète
francophone, tant en France qu'à l'étranger.
Surnommée
à ses débuts « la Môme Piaf », elle est à l'origine de nombreux
succès devenus des classiques du répertoire, comme La Vie en rose ; Non, je ne regrette rien ; Hymne
à l'amour ; Mon légionnaire ; La
Foule ; Milord ; Mon Dieu ou
encore L'Accordéoniste.
Chanteuse
à voix, elle a inspiré de nombreux compositeurs, a été le mentor de nombreux
jeunes artistes et a connu une renommée internationale, malgré une fin de
carrière rendue difficile par de graves problèmes de santé, et un décès à l'âge
de 47 ans.
Au
printemps 1944,
elle se produit au Moulin Rouge où
le tout jeune chanteur de music-hall Yves Montand ( né le 13 octobre 1921 ) passe en première partie de son spectacle. C'est le coup de foudre et Édith
Piaf, déjà célèbre et adulée, entreprend de l'initier aux ficelles du métier et
à la vie d'artiste. Elle va propulser sa carrière en lui présentant des gens
importants à cette époque dans le monde du spectacle
En 1945,
Piaf écrit l’un de ses premiers titres : La Vie en rose (qu'elle
n'enregistrera qu'en 1946),
sa chanson la plus célèbre, désormais devenue un classique. Elle joue également
à la Comédie-Française.
Yves Montand devient
à son tour une vedette du music-hall. Il débute au cinéma aux
côtés de Piaf dans Étoile sans lumière,
puis obtient son grand premier rôle dans Les Portes de la nuit,
de Marcel Carné. Ils partent en tournée jusqu'en 1946,
l'année où ils se séparent.



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